Les faux cosplayeurs, les vrais et ceux entre les deux…

« Pffff c’est pas du cosplay, ça « . Combien de fois ai-je entendu et même, honte à moi, prononcé cette phrase. Combien de cosplayeurs et cosplayeuses ont été les victimes de ce jugement dur, hâtif et, disons-le tout de suite, d’une injustice crasse ?

Avec la démocratisation rapide du cosplay de nouveaux comportements apparaissent, souvent mal compris par les fans en place. Ces comportements choquent, dérangent et amènent invariablement l’hostilité de celles et ceux qui ont connus un hobby plus confidentiel dans lequel chacun respectait les » traditions en place ».

Cette pratique est une forme de harcèlement pratiquée notamment par des cosplayeurs contre des cosplayeurs. Mais aussi par les visiteurs des conventions et les internautes…

Chaque année Japan Expo attire les fans de toute l’Europe lors de ce que les média aiment appeler la « Grand Messe du Manga ». Les rames du RER B s’emplissent d’adolescent(e)s surexcité(e)s* qui ont attendu parfois toute une année la possibilité de se rendre en convention et qui profitent de cette grande fête pour s’offrir une tenue à la hauteur de l’occasion. Ainsi ce sont des centaines de ninjas, samouraïs et idoles japonaises qui papotent, chantent et crient dans les wagons. Une foule colorée et bruyante qui dérange les passagers, exaspère les professionnels qui se rendent aussi sur le salon et horripile les cosplayeurs qui participent aux concours. Ah ! Je vous entends penser d’ici, vous vous dites « non, non, moi je ne leur reproche rien. » Et pourtant vous aussi lecteurs-cosplayeurs vous vous êtes dit en lorgnant sur un gamin en tee-shirt orange beuglant dans le métro « ils nous font honte, ce ne sont même pas des cosplayeurs. »

Pourtant c’est franchement pas très cool et pas très charitable. Même moi je le sais alors que très honnêtement après trois jours de convention je leur ferait bien manger leurs katanas en papier d’alu à ces Narutars** du dimanche ! Le problème c’est qu’à partir du moment où l’on décide qu’il y a de « vrais » et « faux » cosplayeurs, c’est la porte ouverte à toutes les dérives de jugement.

Le cosplay-placard a toujours été le vilain petit canard de la famille cosplay. Il s’agit de créer son costume à partir de vêtements achetés dans le commerce, peu ou pas modifiés et mis ensembles pour ressembler au personnage choisi. Celles et ceux qui luttent des heures durant sur des costumes complexes ont tendance à mépriser voir à critiquer qui a fait le choix de ne pas « faire » son costume. Les visiteurs et le publique ne sont pas en reste et les remarques, loin d’être tendres, peuvent blesser les cosplayeurs. Car rappelons que le principe du cosplay c’est d’incarner un personnage, qu’importe si le costume est fait maison ou pas, en dehors des concours.
Note : en France et majoritairement en Europe les concours ne sont ouverts qu’aux personnes ayant réalisé eux-même 80 à 90% de leur costume. Les costumes achetés ne sont pas autorisés.

De nombreux cosplayeurs arrivent à un résultat bluffant en scrutant les sites de vente en ligne de longues heures durant, à la recherche de la pièce parfaite, de la réplique exacte, afin de ressembler au plus près au personnage sélectionné.

La première version du célèbre cosplay du Joker par Padawan était largement composée d'éléments achetés. Pourtant il a connu un succès fou grâce à son interprétation jamais égalée !
La première version du célèbre cosplay du Joker par Padawan était largement composée d’éléments achetés. Pourtant il a connu un succès fou grâce à son interprétation jamais égalée !

Le costume acheté, c’est la 7ème plaie d’Egypte selon l’Evangile Cosplayesque. De peu de votes devant Heroes of Cosplay***, mais on y reviendra, promis ! Les costumes achetés sont formellement interdits en Europe lors des concours, à la différence des Etats-Unis. En France le sujet déchaine les passions alors que sur le continent US la question ne se pose même pas : Jessica Nigri est adorée de ses fans avec la même passion qu’elle porte une armure faite de ses propres mains ou une tenue achetée sur internet. Dans l’hexagone si vous vous pointez avec une tenue achetée sur internet c’est que vous faite partie de la masse obscur de ceux qui viennent regarder le concours (de cosplay) pas y participer. Les fans, visiteurs et cosplayeurs sont largement partagés entre l’envie de laisser les gens vivre ou l’envie de leur faire remarquer que de toute façon « Avec ton cosplay acheté tu n’es pas un vrai cosplayeur ». Un ressentiment parfois expliqué par la jalousie, l’incompréhension, la tristesse de voir de jolies filles adulées dans des tenues achetées à côté de cosplayeuses aux tenues fantastiques que l’on ne semble même pas remarquer malgré le travail titanesque accomplît. Combien d’entre nous se sont retrouvés dans cette situation et comme il est facile alors de rager intérieurement, de maudire la « fausse cosplayeuse » et de se demander pourquoi on s’acharne à réaliser l’impossible si personne ne le remarque ? Ce ressentiment bien que provoqué par des sentiments très humains n’en reste pas moins une attaque gratuite envers une personne qui cosplay, à la fois différemment et tout comme nous.

Les cosplayeurs qui modifient les costumes des personnages qu’ils incarnent sont les malheureux cousins de ceux qui inventent des versions de leurs personnages préférés.

EDIT : on me souffle dans mon oreillette que les Princesses Disney Cabaret sont issues d’un fanart (dessin de fan) et que du coup puisqu’elles collent à l’image d’origine c’est bien du cosplay, je vous trouve un autre exemple en images et vous le publie ici très vite !
C’est un peu flou comme notion pour celles et ceux qui ne sont pas très familiers du milieu mais je vous explique simplement : par exemple les Princesses Disney version burlesque. Ce sont des cosplay des Princesses Disney mais dont les tenues emblématiques ont été modifiées pour coller au thème « burlesque » que l’on peut aussi qualifier de « cabaret ».

Un groupe de cosplayeuses en Princesses Disney "Burlesque"
Un groupe de cosplayeuses en Princesses Disney « Burlesque »

Les juges de concours cosplay américains estiment tout autant le travail d’intérpretation personnelle apporté à un costume que les soucis de la fidélité. Pour eux ce sont tout simplement deux façons de cosplayer, tout aussi acceptable l’une que l’autre. Pourtant tout le monde n’est pas aussi tolérant : entre les fans furieux de voir leurs personnages préférés dans des tenues qui ne respectent pas au millimètre la tenue originale et les juges (notamment français, je dit ça je dit rien) qui estiment qu’un bon cosplay est un cosplay qui doit être 100% ressemblant au modèle, celles et ceux qui font le choix de laisser le champs libre à leur personnalité et à leur créativité se retrouvent bien mal jugés ! Pourtant ils ne sont pas « moins cosplayeurs » parce qu’ils auront apporté une touche personnelle (plus ou moins grande) à un personnage qu’ils aiment. Après tout c’est ce que font les professionnels estimés lorsqu’un auteur de comics apporte sa vision personnelle à l’écriture d’un personnage, lorsque des scénaristes adaptent des oeuvres de comics, d’animes ou de mangas au cinéma ou lorsque les équipes des studios d’animations transposent des BD en dessins animés…

Il est dommage de constater que nous recréons ces comportements que nous vivons au quotidien de façon plus ou moins forte : incompréhension, irrespect, rejet…

Cosplayeurs, fans, visiteurs, publique, photographes, internautes… Vous n’êtes pas « moins fans », « moins geeks », « moins légitimes » parce que vous avez des visions différentes, personnelles des oeuvres que nous aimons; parce que vous vivez vos passion d’une façon différente de votre voisin; parce que vous préféré les aventures de Batman écrites par Paul Dini plutôt que par [insérer ici un nom d’auteur Batman que vous aimez]… Vous êtes, nous sommes, tous fans et égaux et méritons, vous et moi, le respect de celles et ceux qui croisent notre route. Vous ne croyez pas ?

Cet article m’a été inspiré par l’excellent article parut il y a quelques jours (et tout en anglais, une fois encore) sur New Statesman : « « You’re not a real cosplayer”: since when did dressing up for comics conventions lead to bullying? et qui se traduit par « Tu n’es pas un vrai cosplayeur », depuis quand le fait de se costumer pour aller en convention amène au harcèlement (en gros, si vous avez mieux comme traduction n’hésitez-pas).

* Ceci n’est pas juste un cliché, je vous invite à vous rendre à Japan Expo par le RER -_-
** Mot péjoratif qui qualifie les adolescents fans de Naruto en costumes de Naruto. Notamment lorsque le costume n’est pas réussi, acheté, ou fait à partir de vêtements achetés (un combo en somme).

*** Une série de Télé-Réalité produite par la chaine US Sy-Fy et aussi passionnément détestée qu’adoré !

Japan Expo c'est dans un mois et mes costumes ne sont pas finis…

Salut à toi lecteur !

Prêt pour Japan Expo ? Moi pas ! Mes costumes ne sont pas finis et pour espérer finir dans les temps j’ai réquisitionné ma mère à son corps défendant. Mais voyons les choses dans l’ordre, veux-tu ? Tout commence par un après-midi de Mai particulièrement ensoleillé…

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Resto de sushi après la conv, mini-shoot des vilains de OUAT avec la moitié « dark » de notre groupe prévu pour JE
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Mais qu’est-ce qu’on est beaux !

Alors que je savais devoir passer le week-end à travailler sur mes costumes en vue de la plus importante convention de l’année (aka Japan Expo, essayes de suivre !), je décidais de passer la journée en compagnie des copines les « Irréductibles Cosplayeuses en Corset par Plus de 40° Au Bas Mot » aussi appelées les ICCP4ABM (on dirait un nom de groupe d’idoles japonaises). Nous nous sommes retrouvées à Geekopolis Porte de Versaille et la journée fut riche en émotions (pas de bus pour aller sur place, j’ai galéré et fini en taxi), en bonbons (les organisateurs nous on nourrit de bouteilles de Fanta Pétillantes Haribo), en jolis costumes (le mien notamment mais après je ne suis pas très neutre), en corsets bien sur (Eva particulièrement en Régina portait deux corsets l’un sur l’autre), en Umeshu (ma mère a beaucoup apprécia la bouteille que je lui ai acheté sur un stand pour la fête des mères… avant de m’annoncer que j’avais une semaine d’avance !) et en cocktails !

Ensuite seulement je me suis mise à mes costumes et je vous présente le premier des 4 costumes que je porterais sur les 5 jours de convention : Madeline Hatter ! En images tout de suite !

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Mon top est censé être brillant et plutôt « champagne » du coup ne trouvant pas de tissus approchant cette description je me suis rabattue sur un tissus à sequins vieux rose qui fait un poil moins rose en vrai et que j’ai du coudre à la main sur une base en tissus d’ameublement. Je rajouterais ensuite des sequins de plusieurs dorés différents pour donner une impression de couleur moins uniforme et plus dans l’idée de l’image de référence.

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Un joli pèle-mêle de photos de Work In Progress, ou travail en cours en bon français. De gauche à droite et de haut en bas : un sac théière réalisé avec ma mère. C’est elle qui a cousu mes premiers costumes et j’avais depuis longtemps envie de refaire de la couture avec elle du coup ce projet de sac avec un patron chinois sans explication était l’occasion rêvée ! Elle m’a ensuite filé pas mal de coup de main sur pleins de petits trucs que je commençais à faire en me prenant la tête… Comme elle est super méthodique et analyse bien les choses elle me donne toujours les bons conseils pour simplifier les choses et avancer plus vite ! Ensuite il y a une chaussure pas finie, moi essayant ma tenue pas fini et pas bien ajustée sur les côtés, je sens que ça va être une galère à resserrer ce tissus -_-
Enfin ma ceinture en mousse pailleté, j’aime bien ce rendu très « faux » qui ira bien avec ce costume de poupée et qui donne un côté jouet.

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Ma mère en train d’épingler des trucs, du thé, un pistolet à colle et un patron en chinois.

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Mes boucles d’oreilles et mon collier sont fait à partir de cuillères à thé que je peint et je pense rajouter des paillettes dessus ensuite 🙂 Le collant à droite est censé être plus opaque mais je le voulais très élastique pour pouvoir ajouter les gros pois sans perdre trop en élasticité… J’en ai acheté deux paires avec des pois blancs dessus afin d’avoir une idée de où placer les gros pois… Ca va briller !

La suite très vite (j’espère !) 🙂