Les cosplayeurs sont-ils des dindes ?

En cette période de Thanksgiving, cosplayeurs, cosplayeuses, l’heure est grave ! Vous n’êtes pas des dindes ! Nous allons voir aujourd’hui en quoi tout travail mérite salaire, qu’il y a des gens dont le travail c’est de faire des animations en costumes et que le cosplay n’est pas sponsorisé par le Saint Esprit !

Les cosplayeurs des Etats-Unis ont plus souvent l’occasion de gagner des sous avec leur cosplay que leurs collègues européens. Cette pratique très américaine d’engager des « cosplayers », aussi appelés « Costume Artists » lors de salons, conventions, soirées de lancement de produit… est généralement assez bien rentrée dans les mœurs aux Etats-Unis. En France par contre les cosplayeurs comme les agences événementielles sont plus frileux. Pourquoi ? Qui sont ceux qui ne veulent pas payer, ceux qui payent, ceux qui refusent de se faire payer et ceux qui demandent une rémunération…

« Le cosplay c’est un hobby, on va pas se faire payer pour faire une truc qu’on aime et qui nous passionne ! »

Je vous arrête tout de suite ! Passion ne veut pas dire 0 rémunération !
Faire du cosplay et se faire rémunérer pour une animation en cosplay ne veut pas dire en faire son métier. Cela veut par contre dire que vous vous déplacez, vous préparez (maquillage, habillage…) et que vous effectuez une mission dans un costume que vous avez fait et pour lequel vous avez investi temps, énergie, argent.. Pendant une durée déterminée vous êtes au service de ceux qui vous ont demandé de venir et vous vous êtes engagés à faire ce qu’ils vous ont demandé. Parfois vous êtes là parce que vous êtes fans d’une licence de film ou d’un jeu vidéo. Parfois pour rendre service à un ami. Vous vous dites que vous avez la chance d’assister a un évènement qui vous parle et auquel vous n’auriez pas été convié sinon. Bref c’est le fan en vous qui accepte de venir en costume pour participer à un évènement tel le lancement d’un jeu vidéo ou un salon professionnel.

Pourtant, ce que vous faites lors de cet évènement, c’est un métier. 

Faire de l’accueil d’invités ou de visiteurs, de l’animation en costume (jeux de rôles ou déambulation), porter une tenue spécifique lors d’un évènement, poser avec des visiteurs sont des activités normalement rémunérées en cachets ou sur facturation par des agences évènementielles, des sociétés, des commerces ou même des particuliers.
Ceux qui en ont fait leur métier, comme un cosplayeur, viennent avec un costume qu’ils ont créé ou acheté, ils se préparent, se coiffent, se maquillent et animent des soirées. Ces performeurs sont des professionnels du spectacle : artistes, comédiens, danseurs, jongleurs… et j’en passe. Faire ce genre de boulot c’est leur passion ou leur façon de payer leur loyer, parfois les deux. Eux ne choisissent pas de ne faire que de l’évènementiel cool, on les voit a Paris Games Week ou à la Foire à la Saucisse de Brie-En-Charentaises.

Une agence évènementielle, un service de communication ou n’importe quelle société qui va « inviter » des cosplayeurs à sa soirée sait que le métier de performer/animateur/comédien existe et qu’il convient de payer les personnes employées lors d’évènements.

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Avec Kawasaki l’échange de bon procédé à très bien fonctionné 😉

Du coup, pourquoi ces employeurs potentiels font-ils appel à des cosplayeurs ?

Les raisons sont variables et il convient de toujours traiter une demande au cas par cas, mais en gros pour le négatif et le positif :

  • Faire des économies de budget : faire appel à des cosplayeurs et leur proposer de venir dans des costumes qu’ils ont déjà en échange de boisson/accès au buffet c’est s’assurer une animation colorée en accord avec le thème de la soirée pour 0€ !
    • Economie sur la création de costumes sur-mesures (thème de la soirée).
    • Economie sur la présence d’animateurs/performeurs sur une durée définie et pour une animation définie.
    • Economie sur la préparation : les cosplayeurs font maquillage et coiffure eux-même.
    • Ils ont prévu un buffet et un open bar donc 10 personnes de plus ou de moins…
    • Ils ont un budget pour les goodies qu’ils vont distribuer. En offrir quelques uns à leur dizaine de cosplayeurs ne représente pas un gros effort financier. S’il y a peu de goodies, un concours de cosplay et on en parle plus !
  • Certains aiment le cosplay et les cosplayeurs, trouvent que ce sont des gens talentueux et sympathiques et ils ont envie de travailler avec eux. Ils les respectent en plus d’être respectables. Et pour ce faire ils leur proposent une rémunération (argent ou nature) à la hauteur de leur investissement à promouvoir une marque/un produit.
  • D’autres encore sont juste professionnels : ils veulent une animation dans un thème spécifique et payent les personnes qu’ils engagent sans se poser de question, parce qu’ils payent les gens qui bossent pour eux.

Mais je ne désire pas me faire payer ! Je ne fais pas mon animation pour ça, je trouve que c’est sale !

Attention : rémunération ne veut pas toujours dire argent, par contre très clairement ça veut dire échange. Vous échangez votre présence et votre investissement mais aussi le prix de tout ce que vous portez sur le dos (costume, perruque, maquillage, accessoires…) contre quelque chose. Et ceci n’a rien de sale. La société qui vous fait venir fait une très grosse économie et ils attendent de vous que vous fassiez un job avec des règles, des impératifs, des obligations, des horaires.

De plus, sachez que lorsque vous acceptez de vous rendre dans un lieu sans qu’il n’y ait légalement rien de signé (devis, contrat…), vous n’avez aucune sécurité. Si vous vous cassez la jambe vous payez; si on vous abime votre costume c’est pour votre pomme; si les personnes qui vous ont fait venir vous exploitent vous n’avez aucun moyen de vous faire entendre parce que vous n’êtes LEGALEMENT PAS CENSE ETRE LA. Et oui !

Oui mais attends c’est une petite boite je les connais ils ont pas de sous !

la trésorerie de la société qui demande au cosplayeur de se pointer n’est en aucun cas la responsabilité de ce cosplayeur. Si une boite n’a pas de quoi payer un cosplayeur et est très transparente sur le sujet il est toujours possible de s’arranger pour un paiement en nature, toutes les boites qui se lancent ne sont pas de gros rapaces à l’affut du cosplayeur à réduire en esclavage !
Le paiement en nature (jeux vidéos, goodies, bons d’achats, livres, tee shirts…) se doit d’être définie en amont et le cosplayeur acceptera ou pas en fonction de s’il estime que cette rémunération est à la hauteur de son investissement.

j’attires néanmoins votre attention sur un point bien spécifique : la performance contre promotion c’est une arnaque vieille comme le monde, arrêtez de vous faire avoir comme des pigeons. Une société qui vous propose de venir bosser contre quelques publications facebook pour « augmenter votre nombre de likes grâce à nos fans » c’est le plan qui pue a des kilomètres : souvenez-vous toujours que facebook ne permet qu’à un tout petit nombre de fans d’une page de voir les publications de cette page, si vous retirez de ce très petit nombre ceux qui ne sont pas intéressés par votre costume, ceux qui ne se sentent pas concernés par l’évènement auquel vous participez et les fans qui ont été achetés au Bangladesh… Vous vous rendrez très rapidement compte que l’échange travail contre promotion est a sens unique !

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Jessica Nigri était le visage d’un jeu vidéo pendant deux ans !

Quelques applications pratiques :

– Est-ce la marque qui est venue vers vous spécifiquement et qu’est-ce qui les intéresse dans votre cas ?
Un costume spécifique ? Votre personnalité ? Votre nombre de fans ? Ces points sont importants car si la société vous démarche parce que vous leur apportez quelque chose de spécifique il est naturel qu’il y ait un échange en bonne et due forme : vous leur offrez la prestation qu’ils recherchent spécifiquement pour X raison, ils ont donc normalement prévu un budget pour aller avec.

– Est-ce que vous avez approché une société dont vous êtes fans pour venir travailler avec eux ?
Dans ce cas la société n’a pas d’obligations envers vous car c’est vous qui avez proposé quelque chose. Demandez-vous avant de vous lancer ce que ça va vous apporter. Passer 8 heures par jour pendant X jours sur un salon à faire des photos avec des familles qui ne savent pas qui vous êtes et qui collent leurs doigts gluants des crêpes de leur marmaille sur votre costume ce n’est pas des vacances et c’est toujours un travail à part entière…

– On ne va pas non plus demander la lune.
Aucun de nous n’est Jessica Nigri et ici ce n’est pas les Etats-Unis : si la cosplayeuse très controversée fait se déplacer les foules sur le continent américain et représente une véritable plus-value pour une convention ou un salon la-bas, ici le cosplay reste très confidentiel. On parle bien d’une rémunération pour une animation, pas d’un concert au Stade de France 😉

– Si une marque/société vous dit « viens en costume a l’heure qui te convient, repars quand tu le souhaites et amuses-toi sur notre stand si tu le souhaites, tu es le bienvenu ».
On est bien d’accord ce n’est pas du travail, pas de rémunération ici.

PAR CONTRE

– Si une marque vous demande d’arriver avant l’ouverture et d’être changé pour l’ouverture, de rester sur le stand jusqu’à telle heure… LA il s’agit d’un vrai job. Et faut pas déconner, on paye le cosplayeur qui travaille. Y a pas a tortiller.

– Si une marque vous propose une animation non rémunérée parce qu’ils n’ont pas de budget.
D’entrée de jeu on ne leur saute pas à la gorge en leur disant que » faut pas déconner faut payer tout travail mérite salaire, non mais oh ! » Vous pouvez choisir de refuser poliment ou de partir sur un autre type de rémunération, qui vous arrange et eux aussi.

Vous souhaitez engager un ou des cosplayeurs ? Ce qui suit est pour vous :

  • Tout travail mérite salaire.
  • Demander a un cosplayeur de venir bosser puis faire le mort quand celui-ci demande une contrepartie ce n’est pas correcte.
  • Un concours de cosplay ne DOIT PAS être un moyen de faire faire une animation gratuite aux cosplayeurs.
  • Si vous démarchez des cosplayeurs et que ceux-ci vous proposent un tarif, plutôt que d’accepter 10€ moins chers chez le cosplayeurs voisin, discutez, c’est très très loin d’être classe, vraiment.
  • Louer le costume d’un cosplayeur non seulement c’est payant mais en plus il y a une caution à laisser au cosplayeur, au cas où vous abimeriez le costume.
  • Vous voulez une super animation avec de supers costumes ? Vous savez que vous ne pourrez jamais vous payer ce type de prestation sur-mesure, alors ne soyez pas radin, payer le cosplayeur parce que nous savons très bien que vous faites une pure économie même dans ce cas 😉

Voilà ! La bombe est lancée, à vous de me dire ce que vous en pensez !

 

ces cosplayeurs qui incarnent tout le temps le même personnage.

Bonjour à vous les petites canailles cosplayesques ! Aujourd’hui j’ai envie de discuter avec vous de l’épineux choix de votre personnage fétiche de cosplay. Sur l’image ci-dessus vous pouvez voir Vampy en cosplay de Psylocke, son personnage favoris; Padawan incarne le Joker, certainement le personnage qu’il a le plus cosplayé ces dernières années et Nikita porte une robe de Cendrillon qui illustre bien son amour des princesses (notamment de Disney). Certains d’entre vous vont se sentir immédiatement concernés, d’autres moins et pourtant beaucoup ont déjà senti cette connexion avec un personnage bien précis ou avec un type de personnage. Disséquons le sujet tous ensembles !

Certains cosplayeurs ont une relation privilégiée avec un personnage. Ils l’incarnent avec passion et, même s’il leur arrive de cosplayer d’autres personnages (voir beaucoup d’autres dans certains cas) ils ressentent toujours un plaisir tout particulier lorsqu’ils se glissent de nouveau dans la peau de ce personnage. J’ai longtemps observé d’un oeil curieux ces cosplayeurs et cosplayeuses que je voyais reporter 100 fois le même costume ou des variations du même personnage et je n’avais alors aucune idée du plaisir qu’ils ressentaient. J’avoue même m’être demandé une fois ou deux comment ils arrivaient à ne pas se lasser… Et puis un jour, moi aussi, je suis tombée dedans !

Incarner un personnage que l’on aime, à la folie, passionnément…

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Si vous passez dans les allées des conventions parisiennes vous aurez de fortes chances de tomber sur Captain Cosplay en Joker…. Je ne saurais dire combien de version du Clown il a déjà porté et chaque fois avec beaucoup de talent !

Il y a a ceux qui sont complètement, indubitablement, définitivement fans d’un personnage qu’ils adorent et qu’ils prennent à coeur d’incarner en respectant chaque détail du costume, en identifiant les attitudes du visage ou la façon de se tenir… Bref une copie parfaite de l’original ! Ils sont incollables sur ce personnage, son histoire, ses origines, ses réalités alternatives. Avec ce personnage c’était l’amour au premier regard, une journée en cosplay qui a tout changé et à travers lui ils ont trouvé leur petit truc à eux, leur façon de cosplayer et de s’éclater. Ils vont même pour certains jusqu’à faire toutes les versions, toutes les tenues de leur héros/villain fétiche… pour le plus grand plaisir de celles et ceux qui les reconnaissent à chaque convention.

Trouver un typer de personnage dans lequel on se reconnait !

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Annshella aime les fées et Popette les poneys !

Parfois ce n’est pas un personnage en particulier qui va faire battre notre petit coeur de cosplayeur mais bien un type en général. De la femme fatale au héros « bodypainté »  il y a en a pour tous les goûts et pour toutes les lubies ! Aimer un style physique ou graphique, aimer un type de personnalité ou un thème en particulier : les princesses disney, les pirates… Pour ma part ce n’est pas une caractéristique physique qui va m’appâter mais plutôt le caractère : drôle, enjoué, avec un brin de folie ! Ajoutez quelques paillettes et la couleur rose et vous avez mon type de personnage rêvé ! C’est ce que j’ai retrouvé dans les personnalités de Pinkie Pie de Mon petit Poney et Madeline Hatter de Ever After High : elles sont complètement allumées du bocal, rigolotes et ce sont surtout deux personnages tellement bien dans leurs baskets ! Croquer la vie à pleines dents et faire la fête, c’est ma façon de cosplayer préférée !

Et quand on n’a ni personnage fétiche ni style de prédilection, un monde de possibilités s’offre à nous !

Trouver « son truc » c’est s’assurer, à mon sens, de passer une super journée ! Que vous ailliez une obsession pour un personnage en particulier, une série dont vous voulez incarner tous les héros ou si vous vous sentez irrémédiablement attiré par les ninjas, foncez ! Si vous ne l’avez pas encore trouvé, testez, essayez, faites des costumes (ou des déguisements ;p ) de personnages très différents les uns des autres et peut-être aurez-vous un coup de foudre cosplayesque. Ne pas avoir un personnage ou un style de prédilection c’est aussi le cas de beaucoup de cosplayeurs et de cosplayeuses. Ils aiment incarner toute une variété de personnalités, sans se poser de limite, selon leurs envies et leurs coups de coeur. L’important, comme toujours, c’est de s’amuser !

Une vidéo d’Anim’Est, j’étais Madeline Hatter sur scène avec les copines. J’adore ses répliques absurdes et sa joie de vivre !

COSPLAYMON, Attrapez les tous !

Une note de la rédaction avant de lire cet article : Un Pokédex est un annuaire de tous les Pokémons existant dans les jeux Pokémon, Attrapez-les tous ! Voilà, maintenant vous avez toutes les références pour comprendre cet article.

COSPLAYMON attrapez-les, c’est notre histoiiiire ! Un voyage d’apprentissage ! 

La magie des conventions c’est que tu y fais des rencontres merveilleuses : cosplayeurs talentueux, bénévoles généreux, jury véreux… Quand soudain ! Un dresseur mystérieux apparait ! Armé de son Cosplaydex il rôde dans les allées des conventions, toujours aux aguets. Il a le regard vif et concentré du type à qui on ne la fait pas et il dégaine son appareil Polaroid d’un mouvement rapide et assuré. Rencontre avec cet homme de l’ombre qui aime regarder les lucioles danser le soir au bord du lac.

Popette : Est-ce que tu peux te présenter rapidement ? Qui es-tu, comment es-tu arrivé dans ce milieu de fous?

Dresseur Mystérieux : Je m’appelle Christopher (nous avons USA-isé son nom pour plus de mystère, ndPopette) et j’ai 29 ans. Je suis originaire d’Alsace et je travaille comme ingénieur dans l’industrie. Je suis passionné de jeux vidéo et d’animes depuis le collège mais j’ai vraiment commencé à acheter des manga depuis 4 ans seulement. Je suis également friand de web séries et de documentaires en tout genre.

Je suis arrivé dans le milieu du cosplay grâce à LucioleS Cosplay avec qui je suis en couple depuis plus de 10 ans maintenant. J’ai eu l’occasion de l’accompagner dans différentes conventions, d’abord comme observateur, ensuite comme « sherpa » (tu sais, le mec habillé en noir au second plan des vidéos qui porte 2 sacs et 3 valises sur le dos ^^) et maintenant comme staff pour l’association EPIC. Si je creuse un peu plus loin, je pense que les 2-3 GN que j’ai fait étant plus jeune sont mes vraies premières expériences du cosplay.

cosplay in france
Le Cosplaydex légendaire, un artefact aussi dangereux que mystérieux…

Popette : Je sais qu’à chaque fois que tu fais une photo d’un cosplayeur c’est comme si tu prenais possession d’une partie de leur âme, qu’est-ce que tu vas faire de tout ce surplus d’âme ?

Dresseur Mystérieux : Je ne suis pas photographe et j’ai commencé le cosplaydex cet été car j’aime le principe d’une seule prise avec l’instantané. Pas de réglage de l’appareil, pas de modification de l’image, pas de diffusion sur le net : ces clichés sont autant de moments uniques que je ne veux pas retoucher. Et puis l’âme du sujet est capturée naturellement sans conservateur ni arôme artificiel. Je compte déposer un label d’âme bio début 2015 d’ailleurs…

Après pour le surplus d’âme, si quelqu’un est intéressé, je pratique les prix du marché directement alignés sur le cours de la bourse des enfers. Archanges s’abstenir !

Popette : On dit que ton classeur magique te permet d’invoquer le personnage incarné par un cosplayeur, c’est vrai ? Et si oui lequel est le plus efficace ?

Dresseur Mystérieux : Ça marche ! J’en veux pour preuve que je peux régulièrement invoquer Fireflies Cosplay (par peur de représailles nous avons traduit le pseudo de cette cosplayeuse en anglais, ndPopette) en Elsa de Frozen, en Wonder Woman ou en Mary Spencer de Trinity Blood. Pourtant, je perds souvent la maîtrise de l’invocation au bout de quelques minutes et je me retrouve congelé, assommé ou tailladé en fonction du personnage. Mais je ne désespère pas de maîtriser un jour cette magie car, comme dit le proverbe : « Poudlard ne s’est pas fait en 1 jour ! ».

Cette cosplayeuse a un visage étrangement familier, saurez-vous résoudre l'énigme de la cosplayeuse-dont-on-ne-prononce-pas-le-pseudo ?
Cette cosplayeuse a un visage étrangement familier, saurez-vous résoudre l’énigme de la cosplayeuse-dont-on-ne-prononce-pas-le-pseudo ?

En attendant, mon invocation la plus redoutable est sans hésiter Fantômette avec son attaque « Trottinette masquée », talonnée de peu par un membre des Nudist Beach de Kill la Kill avec son attaque « Censuré ». Mais je suis toujours à la recherche de nouvelles cartes avec des pouvoirs toujours plus épiques.

Popette : Il est 17:00, le monde est devenu fou et avant de décider quel cosplayeur tu vas ajouter à ton Cosplaydex tu décides de t’octroyer une petite pause : quel est ton rituel tea time ?

Dresseur Mystérieux : Assis sur un canapé d’angle avec une couverture en laine polaire sur les genoux, L******S (Damn ! Cette cosplayeuse mystère est décidément bien mystérieuse !) et moi-même partageons un thé à la violette et un paquet de spéculoos. Devant nous, un vieil écran cathodique diffuse le film Cyrano de Bergerac et nous nous laissons emporter par les envolées lyriques du héros…

J’ai d’ailleurs l’espoir qu’un jour je trouverai un Cyrano de Bergerac dans une convention pour pouvoir l’intégrer à mon cosplaydex.

Ces cosplayeurs ont laissé une partie de leur âme dans le Cosplaydex, pensez à eux !
Ces cosplayeurs ont laissé une partie de leur âme dans le Cosplaydex, pensez à eux !

Popette : Quelles seront tes prochaines conventions ? Peut-on déduire de tes dates de convention une sorte de schéma qui nous permettrais de comprendre ton plan de domination du monde ?

Dresseur Mystérieux : Je serai à Paris Comics Expo ce week-end et je retournerai à Japan Expo l’année prochaine. Entre les 2, je ferai forcément d’autres conventions soit avec SeloicuL soit avec l’association EPIC.

Tout cela pour accomplir la prophétie. Mais quelle prophétie me direz-vous ? Et bien il est écrit dans les tablettes de Skélos que seul un Gnome des Forêts du Nord unijambiste dansant à la pleine lune autour d’un cosplaydex complet enroulé dans du jambon ouvrira la porte de Zaral Bak et permettra l’accomplissement de la prophétie.

J’ai déjà 34 cartes d’invocations et je compte bien compléter mon cosplaydex pour atteindre les 120 cartes d’ici juillet 2015. Il me reste encore à trouver le gnome par contre…
Et n’oubliez pas : « COSPLAYMON , Attrapez les tous ! »

Note de service : Si vous êtes un nain, envoyez-moi CV et lettre de motivation, si vous êtes unijambiste c’est mieux, sinon on peut s’arranger !

GRAND JEU : tu as deviné qui est la cosplayeuse mystère qui se cache dans cet article ? Alors Like toutes les pages de cosplay dont les noms des pseudos des cosplayeurs commencent par X, Y ou Z et tu gagneras un cadeau mystère !

Cosplay, costume ou déguisement ? Etymologie et réflexions !

Les cosplayeurs ont cette fierté, certains diront mal placée, qui leur fait dire que ce qu’ils portent ce sont des costumes et pas des déguisements. Pour eux, déguisement est synonyme de mauvaise qualité et mauvais goût. Pour aborder le sujet j’ai fait appel à une consœur, une spécialiste de la question puisqu’elle a retourné les crêpes le sujet dans tous les sens pour son mémoire.

Milou c'est une intello, même en costume. Et elle se pose des question pas coton ! Pic. by CoolADN
Milou c’est une intello, même en costume. Et elle se pose des question pas coton ! Pic. by CoolADN

Milou c’est 50% du duo cosplayesque Shibeez & Milou, une nana aux doigts d’or qui fait du cosplay comme certaines se font des crêpes : sur un coup de tête, avec dextérité et habilité et en plus le résultat est bluffant ! De la couture, du bricolage, du maquillage et du coiffage de perruque en passant par le crossplay, elle dé-chire ! Quand j’ai appris que la demoiselle avait écrit un mémoire sur le cosplay j’ai sauté sur l’occasion et voilà le fruit de notre collaboration : les réflexions de Milou et les bonnes blagues de Popette dans un seul et même article.

Peut-on considérer le cosplay, pratique artistique qui demande une grande implication dans la fabrication et le jeu de rôle, comme du déguisement, associé majoritairement à l’univers enfantin et à la régression vers l’enfance ou bien comme du costume associé au cinéma ou au théâtre?

Milou et moi-même aimerions que vous laissiez vos préjugés de côté avant de continuer à lire cet article : le mot déguisement n’est pas un gros mot et le costume c’est loin d’être uniquement des fringues dans un film.
Note : les citations sont de Milou, comme vous vous en douterez certainement grâce au petit portrait d’elle ajouté à gauche de ces dernières.

MilouComme il y a mille et une manières de cosplayer à travers le monde, il y a autant de manières de définir le cosplay. Je suis personnellement une costumière professionnelle, donc ma conception du cosplay est assez théâtrale. Pendant deux ans j’ai étudié la question… Costume? Déguisement? Cosplay? C’est pareil, non?

Le costume, le déguisement, ou le cosplay ce sont d’abord des vêtements et aucun d’eux n’est anodin : le vêtement est en relation directe avec le corps, que ce soit physiquement ou psychologiquement. Il est le premier objet du quotidien et est considéré comme une deuxième peau. Il protège, communique, dissimule, expose… Les « fringues » sont les reflets d’une époque, d’une manière de se comporter en société. Mais quand le vêtement devient travestissement, costume ou déguisement, ces perceptions et les interprétations changent. Quelle interprétation peut-on donner à ces vêtements occasionnels ?

Une Gothic Lolita dans le quartier d'Harajuku à Tokyo
Une Gothic Lolita dans le quartier d’Harajuku à Tokyo

Nommer ces vêtements « cosplay », « costume » ou « déguisement » c’est déjà donner la possibilité à ceux qui les portent de se distinguer ! Il est cependant très difficile de faire une distinction claire et nette entre chaque notion car il est facile de glisser d’un univers à un autre. Par exemple, la mode gothique lolita est très vite considérée comme du cosplay : c’est en réalité un style vestimentaire. L’extravagance du vêtement mis en parallèle avec le cadre dans lequel on le porte donne l’impression de déguisement. Tout est affaire de contexte.

LE COSTUME
Costume : « coutume ». Le temps et le lieu.

MilouL’universitaire Anne Surgers, lors d’une intervention à l’ENSATT le 21 octobre 2014, nous rappelait l’étymologie des mots : «habit» vient du mot habitude et «costume» de coutume. Ainsi, le vêtement est proche d’une habitude, d’une réalité quotidienne, tandis que le costume est propre à une culture et une époque particulière. Nous pouvons noter que le mot « déguiser » vient de l’expression «en guise de» : c’est une notion de travestissement de la réalité. Pour finir, nous avons vu que cosplay vient de «costume» et «playing», un costume qui implique un jeu (de rôle, ndPopette).

L’étymologie du terme «habit», habitus, évoque la notion de «manière d’être», de se comporter, de s’habiller, à l’intérieur d’un groupe social. Le costume est l’illustration des coutumes d’un temps et d’un lieu et il est courant de parler de «costumes traditionnels» : originellement portés tous les jours dans les villages ou chez les peuples isolés, ils sont aujourd’hui portés lors d’événements particuliers. La mondialisation a donné lieu à une uniformisation de la mode vestimentaire. Le costume reste donc un indicateur d’une culture spécifique d’un temps et d’un lieu.

LE DEGUISEMENT
Déguisement : « En guise de ». Notion d’identité.

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Costumes pour adultes… Combien d’entre eux peuvent-être assimilés à du cosplay ?

Quand on se déguise, on se transforme. En fée, licorne, princesse ou chevalier, ces archétypes imaginaires, d’un point de vue psychologique, expriment une identité profonde : se déguiser implique de transformer son être mais aussi de le sublimer ou d’exposer son soi. En se travestissant, le vêtement n’est plus un corps étranger, il devient un miroir de ce qu’on veut être, de ce qu’on se sent être à l’intérieur de nous (que ce soit sur le moment ou en permanence). Se déguiser c’est offrir au monde une vision de ses fantasme et affirmer librement la singularité de son être.

MilouOn retrouve cette liberté dans l’origine du carnaval où chacun pouvait devenir roi ou gueux le temps de la fête. Cependant, le déguisement n’est pas qu’une question de célébration. Se déguiser induit aussi le fait de cacher sa vraie nature, de tromper son public. Un aspect « malsain » peut accompagner le déguisement. On peut certes s’exprimer, mais on peut aussi mentir. La convention du carnaval veut que chaque transformation soit acceptée le temps de la célébration.

Le déguisement est un moyen d’utiliser des archétypes imaginaires et/ou iconiques pour sublimer ou dissimuler son identité en décidant de l’image que les autres perçoivent de nous.

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Cosplay : « costume » & « playing ». Le costume et le jeu.

MilouDans la langue française il n’y a pas d’équivalent pour le mot cosplay, l’académie française a officialisé le mot «costumade», mais il est important de garder le mot originale pour comprendre son sens étymologique. Ici on parle du costume ET du jeu.
Après avoir discuté avec Anne Surgers, pour déterminer ce qui faisait la singularité du cosplay, nous sommes arrivées à la conclusion qu’il empruntait des éléments du costume et du déguisement mais qu’il donnait un nouveau genre, se caractérisant par son rapport au personnage. Comme le déguisement «Le cosplay c’est incarner un héros», il suffit de chercher dans Google «déguisement adulte de luxe» pour trouver des déguisements pouvant être esthétiquement considérés comme du cosplay. Ensuite comme le costume, on joue (un rôle, ndPopette) avec le cosplay, cependant le costume est d’abord lié au théâtre, ce qui n’est pas le cas du cosplay. On ne peut pas dire que le costume n’est pas du cosplay, et que le cosplay n’est pas du déguisement : ces trois appellations sont liées. Sa caractéristique majeure est son rapport au personnage, sa manière de prolonger la fiction.

Milou en cosplay de Loki : la classe à Dallas !
Milou en cosplay de Loki : la classe à Dallas !

Le cosplay c’est reproduire le costume d’un personnage de fiction ou d’une icône, l’incarner et par des moyens artistiques (photo, vidéo, prestation scénique) faire vivre ce personnage et prolonger la fiction. En incarnant ce personnage, le cosplayeur acquière le pouvoir d’interagir directement avec l’univers de son choix. Le cosplay a besoin de trois choses pour être autonome : le vêtement, le jeu, et le personnage accompagné de son histoire. Le cosplayeur transforme plus qu’une image, il influe sur la fiction : par le costume il incarne le personnage, et par le jeu il l’aide à évoluer dans son sens. Comme beaucoup de Fanart, le cosplay est plus qu’un simple hommage, le fan se permet de participer à la fiction.

En conclusion il est très difficile d’associer le cosplay SOIT au costume, SOIT au déguisement. Le cosplay c’est adopter le costume d’un personnage comme on adopterait son costume traditionnel. On déguise la vérité en se transformant, on sublime ou on cache notre personnalité au profit du jeu et de l’histoire du personnage. Que vous décidiez de vous costumer, de vous cosplayer ou de vous déguiser, l’important c’est de s’amuser !

Pour aller plus loin : 
Le Mémoire de Milou disponible via We Transfer sur simple demande superpopette[arobase]gmail.com

 

Les cosplayeuses sexy doivent-elles se rhabiller ?

Le cosplay est souvent associé aux poitrines généreuses et aux costumes minimalistes des héroïnes de manga et de comics que beaucoup de cosplayeuses affectionnent. Celles qui osent donner vie aux personnages les plus sexy sont adorées par leurs fans mais aussi très largement montrées du doigt comme une atteinte à la bonne image du cosplay. Devons-nous condamner celles et ceux qui jouent de leur physique et font-ils réellement du tort au cosplay en général ?

De l’art de porter un cosplay sexy en convention

Les photos de cosplayeuses sexy sont très recherchées sur internet et nombre de sites explosent leurs taux de vues avec des articles du type « les 10 costumes les plus sexy de telle convention » ou bien « telle cosplayeuse sexy sort son nouveau costume controversé ». Si les amateurs de ce genre de cosplay sont très nombreux et soutiennent avec ferveur la tradition des galeries sexy, leurs détracteurs ne sont jamais loin et ils ont un avis bien tranché.
Pour ces derniers le cosplay sexy c’est un problème qui va grandissant : les cosplayeuses très sexy et conformes aux canons de beauté des magazines, généralement peu habillées et qui vendent des photos d’elles dans leurs costumes minimalistes donnent non seulement une image biaisée et réductrice du cosplay, mais encouragent en plus les jeunes cosplayeuses à marcher dans leur pas et à valoriser leur plastique plutôt que les efforts pour réaliser un costume. Le débat sur l’autorisation des costumes très dénudés fait rage après chaque convention partout dans le monde : doit-on permettre aux cosplayeurs de porter ce qu’ils souhaitent même dans un lieu public ou y a t’il une limite à ne pas dépasser ?

 

Cosplay Nudist Beach de Kill la Kill a Japan Expo 2014
Cosplay Nudist Beach de Kill la Kill a Japan Expo 2014

Japan Expo, centre des expositions de Villepinte en juillet dernier. Un jeune homme crée l’événement en se baladant durant toute la convention dans une tenue composée d’une ceinture, d’une paire de bottes et d’un string. Il arbore une plastique très engageante et se prête au jeu des photos avec plaisir. Les filles couinent sur son passage et il est évident que ces réactions le ravissent. De mémoire de cosplayeuse c’est la première fois que l’on voit une paire de fesses masculine se pavaner dans une convention française. Les visiteurs, cosplayeurs et photographes sont estomaqués et les réactions sont aussi vives que diverses : l’amusement se dispute à l’incompréhension, l’étonnement au mécontentement et si le succès de son cosplay est bien réel, sa démarche, quant à elle, ne fait pas l’unanimité.
Aux Etats Unis un mois plus tard la cosplayeuse mondialement connue Jessica Nigri sort son nouveau costume d’Assassin’s Creed Unity, une tenue historico-sexy avec décolleté plongeant, pantalon moulant et ventre à l’air. La tenue, réalisée par une de ses amies couturière est de bonne qualité et le personnage, le héros d’une trentaine d’année du nouveau jeu d’Ubisoft, est plus ou moins reconnaissable dans cette version féminisée. Les fans de Nigri sont ravis, certains fans d’Assassin’s Creed aussi alors que d’autres crient au scandale et dénoncent le caractère hyper sexualisé du costume, le peu de mérite de la cosplayeuse qui ne l’a pas réalisé elle-même et son désir d’attention constant au mépris du respect des personnages qu’elle cosplay. Pourtant si Nigri a effectivement détourné le costume d’origine elle n’en a pas moins gardé une quantité de tissus non négligeable et est loin de porter un costume choquant.
Dans les deux cas les différentes réactions me semblent légitimes, les pour comme les contres. Ce qu’il est néanmoins intéressant de remarquer c’est que les réactions offusquées sont largement plus nombreuses dans le cas de Jessica Nigri. Est-ce parce qu’elle a détourné un personnage existant ? Ou sa notoriété de cosplayeuse sexy lui a-t-elle joué un mauvais tour ? Il est difficile de répondre avec précision mais je pense qu’il y a un peu de tout ça dans les réactions négatives vues sur internet..

Kill la Kill a Otakon, photo par nyotaku.com
Kill la Kill a Otakon, photo par nyotaku.com

Revenons un instant sur le cas de notre ami de Japan Expo et sur son costume de Kill la Kill. le même mois aux USA se tenait la convention OTAKON et l’on pouvait y croiser de nombreux costumes de la même série. Parmi ceux-ci un duo très réussi des héroïnes de la série dans leurs tenues de combat, très légères. je me souviens que lorsque les premières cosplayeuses de Kill la Kill ont partagé leurs photos sur internet les commentaires injurieux et hauts en couleurs étaient légions, allant du sobrement « putes » à « si vous vous faites agresser en convention faudra pas venir vous plaindre ». Aujourd’hui chaque convention a son lot de cosplay de Kill la Kill et si les costumes surprennent moins, le concept de la jeune femme a moitié nue en convention reste une incompréhension pour beaucoup.

Du coup, la question se pose de savoir si tous les costumes peuvent être portés en convention et quel pourcentage de peau découverte peut-être acceptée. Une jeune femme en bikini, grosse ceinture et bottes aurait-elle sa place en convention ? Si les jeunes hommes en Nudist Beach ont fait sensation, les réactions négatives ont-elles été à la hauteur de ce que l’on aurait pu observer si le costume avait été porté par une jeune femme ? Je crois que chacun peu définir ce qui lui correspond à condition de respecter le voisin et de ne pas se comporter de façon à l’indisposer.

Car les filles en cosplay sexy à Japan Expo ce n’est pas nouveau et depuis le temps beaucoup s’accordent à dire que l’important ce n’est pas la tenue mais l’attitude. Si une jeune femme dans une tenue sexy se comporte « correctement » il n’y a pas de raison pour la montrer du doigt, par contre gare à celle qui aura une attitude aguicheuse ou vulgaire, car ce n’est pas tant le costume qui choque mais la façon de le porter. Pas question de rejouer une scène de clip des Pussycat Dolls au milieu des familles venues voir Naruto !

Le cosplay sexy est un bon fond de commerce…

Nous avons vu précédemment que les hommes sont largement moins représentés que les femmes dans le cosplay, non parce qu’ils sont réellement moins nombreux (même si, de fait on dénombre moins de cosplayeurs que de cosplayeuses) mais bien parce que les médias et notamment sur internet, s’intéressent moins à ces messieurs qu’aux dames. Pourtant certains arrivent à tirer leur épingle du jeu avec un succès que l’on ne peut nier. Parmi eux, Leon Chiro et Ellfi sont certainement deux des cosplayeurs européens les plus connus. Leurs points communs ? Un réel soucis du détail et une musculature affriolante. Car si ces garçons talentueux ont chacun une collection de costumes de qualité ils sont surtout connu pour leur plastique irréprochable.

Pourtant leur réputation et leur célébrité ne les met pas à l’abris des critiques. Tantôt le visage très maquillé d’Elffi est montré du doigt au détriment du travail impressionnant de fidélité de ses costumes, qu’il réalise lui-même. Tantôt c’est Leon qui est attaqué sur le fait qu’il ne fasse pas la partie couture de ses costumes alors qu’il réalise armes et armures avec une attention toute particulière aux petits détails.
Ces deux cosplayeurs ont fait le même choix que pas mal de cosplayeuses américaines, ils ont accepté que leur plastique puisse être un atout pour partager leur art et faire connaître leur travail et ont décidé de ne pas se priver d’en jouer.

Pourtant cela fait-il d’eux moins des cosplayeurs et plus des modèles photos ? Non, la question ne se pose même pas alors que de nombreuses cosplayeuses, elles, sont confrontées à ce genre de remarques : si elles décident de se mettre « à nu » (même pas totalement, vous noterez) alors elles ne sont plus des cosplayeuses mais des modèles photo.

Une cosplayeuse fait tomber le haut, est-elle moins légitimement cosplayeuse ?

Le débat vrai/faux cosplayeurs que nous avons déjà traité ici, continue de faire rage et pas plus tard que dimanche j’entendais un cosplayeur dire de telle cosplayeuse sexy qu’elle n’était pas une vraie cosplayeuse à ses yeux mais guère mieux qu’une femme de petite vertue vendant des photos presque porno d’elle sur internet et qu’elle ne méritait pas le respect car elle ne faisait pas ses costumes. Mettons tout de suite un visage et un nom sur cette cosplayeuse sexy :

Jessica Nigri, est devenue un vrai symbole de la lutte contre les cosplayeurs sexy qui ne font pas leurs costumes eux-mêmes et qui sont justes bons à montrer leurs fesses. Sauf que, une fois de plus, les bonnes gens emportés par leur élan ont oublié de se renseigner. La demoiselle n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres et nombre de cosplayeuses aux tenues très sexualisées se voient très souvent et sans autre forme de procès retirer la réalisation de leur costumes et armures par les internautes sûrs de leur fait. Car il est connu qu’un seul costume ne suffit pas à déterminer la carrière d’une cosplayeuse ou, pire encore, à la définir. Nous avons vu que les garçons présentés plus haut, malgré les efforts apportés à la réalisation de leurs tenues sont trop souvent et injustement relégués au rôle de porte-manteaux bodybuildés. Pour les femmes c’est la même chose et il est courant que les gens n’acceptent pas l’idée qu’une cosplayeuse à la plastique de poupée Barbie puisse faire ses costumes, armures et props elle-même.

Les gens musclés seraient donc moins doués que les autres ? La taille de la poitrine ou l’apparition de tablettes de chocolat seraient-ils des éléments déterminant dans l’évolution créative d’un cosplayeur et peut-on dire que ses capacités à créer un costume diminuent en même temps que son ventre devient plat et ses muscles se dessinent ? Non.

Pourtant un cosplayeur sexy a forcément toujours moins de légitimité qu’un cosplayeur habillé. Testons cette théorie :

Marge Simpson par Popette Cosplay, photographie d'Antony Gomes
Marge Simpson par Popette Cosplay, photographie d’Antony Gomes

Voilà une cosplayeuse qui n’a pas froid aux yeux ! Elle écrit régulièrement sur son blog des articles à propos de sexisme, de cosplay, de féminisme, de harcèlement… Aujourd’hui elle pose nue pour vous pour plusieurs raisons. Avez-vous toujours envie de lire la suite de cet article et quelle confiance accordez-vous à ses propos maintenant que vous avez vu un peu de sa peau ?

Nous avons déjà parlé ici de la légitimité des cosplayeuses sexy. Une femme peut porter une tenue dite sexy et pourtant avoir toute légitimité à parler de féminisme, refuser d’être approchée de façon injurieuse, de se voir insulter sur internet ou même de se faire tripoter en convention.

Il y a un autre sujet que nous avons abordé et qui vous a passionné c’est le sujet du physique dans le cosplay. Nous avons vu que les cosplayeurs jugés trop gros, trop maigre, trop moches, trop petits, trop grands… étaient souvent critiqués voir harcelés sur internet. La question se posait alors de savoir si nous devions tous êtres beaux et bien faits pour avoir le droit de cosplayer en paix ? La réponse à cette question malheureusement est le sujet même de cet article et je suis dans l’obligation de vous répondre que non, même si vous correspondez à certains critères de beauté vous n’aurez pas la paix sur internet. Chaque cosplayeur a le droit de décider du costume qu’il porte et du personnage qu’il veut incarner. Personne n’a le droit d’interdire un personnage à un cosplayeur sous prétexte de ressemblance physique qu’elle soit la taille, la corpulence, la couleur de peau. Et chacun se doit de respecter le choix de son voisin. Même si le voisin décide de dévoiler son ventre plat et ses biceps bien formés.

Car oui les cosplayeurs sexy ont le droit au même respect que les cosplayeurs habillés.

Si vous faites vous-même un peu de cosplay vous savez que réaliser une très belle robe très habillée peut-être d’une difficulté supérieure, égale ou inférieure à la réalisation d’une armure de la taille d’un bikini. La quantité de corps caché par le costume n’est pas un critère pour juger de la difficulté de la réalisation d’un cosplay, ni de sa ressemblance, ni du travail réalisé !

 

Amis cosplayeurs, internautes et photographes, je crois fermement qu’il est temps d’arrêter de juger de la réussite d’un cosplay sur la plastique de celui ou celle qui le porte. Je crois qu’il est possible pour chacun d’être maître de son corps et de cosplayer ce qu’il aime sans démériter et sans se voir privé du respect des autres parce qu’il ou elle aura décidé de se montrer dans une tenue jugée « sexy ».  Etre sexy c’est un droit que nous avons tous, hommes ou femmes, c’est le droit de vouloir se plaire avant de plaire aux autres. C’est le droit d’accepter son corps et de l’apprécier, qu’il soit parfait ou non. C’est le droit de vouloir séduire, de vouloir plaire, de vouloir se sentir belle ou beau, de vouloir être à son avantage et cela ne sera jamais une raison pour se faire insulter ou rabaisser.

Marge Simpson vue par SuperPopette et photographiée par Antony Gomes.
Marge Simpson vue par SuperPopette et photographiée par Antony Gomes.

J’ai souhaité faire cette séance photo de Marge à la base pour parler du cancer sur sein et pour sensibiliser nos amis fans de cosplay, en apportant une touche ludique et artistique à mon article. Très rapidement j’ai souhaité que cette photo soit la représentation que toutes les femmes peuvent être touchées par cette maladie, qu’elles soient jeunes ou vieilles, ou maigre ou grosses ou normales, qu’elles soient blanche ou noires ou bleues ou jaunes, qu’elle s’épilent ou pas, qu’elles soient à l’aise avec leur corps ou pas. Comme nous avons prit du retard dans la création de ces photos j’ai pensé qu’elles seraient une bonne illustration pour un article sur le cosplay sexy : nous avons toutes et tous le droit d’être sexy et ce quel que soit notre physique. N’oubliez jamais de vous amuser quand vous faites du cosplay et essayez de vous plaire tout en vous amusant 🙂

Merci à Antony Gomes pour ces photos magnifiques et à Juliette Delassalle pour ce maquillage bluffant !
Antony Gomes Photographie : https://www.facebook.com/AntonyGomesPhotographe
Juliette D.MUA : https://www.facebook.com/JulietteDmua

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