Devenir cosplayeuse professionnelle en 8 points faciles à suivre.

Les cosplayeurs professionnels fascinent tels des pokémons légendaires : tout le monde en parle mais nul ne peut confirmer leur existence. A l’exception de Jessica Nigri et Yaya Han, les Mew et Mewtow du cosplay international, les cosplayeurs qui vivent à temps plein de leur passion restent difficiles à dénicher ou à approcher. Ces mystérieux « cosplayeurs pro » : qui sont-ils, que font-ils de leurs journées, comment faire pour entrer dans leur club ? Enquête au coeur de la vente de posters dédicacés, dans un monde où les paillettes se collent à la Néoprène Gel !

cosplayeur pro
Toi aussi tu veux devenir une « guest star » des conventions ? T’inquiètes ! Suis les conseils de Super Popette !

Le cosplayeur pro paye-t’il ses impôts ?

Avant d’attaquer les grandes questions (faut-il avoir un bonnet F+ pour faire du cosplay professionel ?) je propose que nous nous penchions deux minutes sur ce que nous entendons par « cosplayeur pro ». J’ai checké sur Pôle Emploi et ce métier n’existe pas (encore ?) au regard de la loi française. Du coup il va falloir remonter nos manches et plancher tous ensemble sur une définition plausible qui mettrait tout le monde d’accord. Le cosplayeur pro, est-ce qu’il :

  1. Vit de sa carrière/de son statut de cosplayeur et serait payé(e) pour apparaître lors d’évènement, incarner des personnages pour des marques, faire la promotion de perruques, lentilles…
  2. Vit de la réalisation et vente de costumes, perruques, accessoires, armures de cosplay. tel un couturier, modiste, forgeron… worbla master ?
  3. Vit de la vente de produits dérivés : posters dédicacés mais aussi cartes postales, e-books, livres de tutoriels de cosplay…

Plus important, le cosplayeur pro, a-t’il un « vrai métier » ou doit-il vivre la vie de bohème tel un artiste sans le sou, incompris de tous mais fidèle à sa passion ?

Je pense qu’il est plus humains de l’autoriser à payer ses factures et à gagner sa croûte, nous élargirons donc l’appellation « cosplayeur professionel » à toutes celles et ceux qui se font un peu de sous à côté grâce au cosplay, notamment en monnayant leurs apparences en costumes… Vous connaissez déjà mon avis sur la question.

Les « famous » sont-elles des « pro » ?

Les « famous cosplayeurs », ou « famous » comme on dit dans le milieu, sont ces cosplayeuses au nombre impressionnant de likes sur facebook, de followers sur twitter ou d’abonnés sur instagram. Ces filles pourraient donner des cours de bonne conduite à n’importe quel Community Manager. Elles savent à quelle heure poster, quel type de contenu, en fonction de quelle cible. Elles analysent leur portée sur les réseaux sociaux en fonction de la couleur de leur perruque, de l’éclairage de leur photo ou de la marque de lentilles qu’elles ont mis en avant, créant des tableaux excels plus complexes, plus poussés et plus précis qu’un statisticien de la NASA.

Pour autant les demoiselles ne vivent pas de leur statut de « star sur internet ». Elles sont community manager, stylistes, profs… Bref comme vous et moi elles travaillent toute la journée et fabriquent leurs costumes, font des tests maquillages et se brulent au pistolet à colle les soirs et week-ends. Si certaines arrivent à mettre du beurre (demi-sel) dans les épinards (beurk) grâce à leurs apparences, rares sont celles qui envisagent (par choix ou par nécessité) d’en faire leur activité première.

Les 8 commandements de la cosplayeuse pro (marche aussi pour vous messieurs).

1. Des fans tu achèteras.
Sur internet on trouve de tout : des détracteurs anti-cosplayeurs, anti-boobs, anti-nigri, anti-facebook… Qui crient la honte et la dépravation dans le cosplay pro, que les seins say pas bien et que faire des sous avec le cosplay c’est trahir l’esprit des geeks. Et puis il y a le côté encore plus obscur de la force obscure, des « famous cosplayeurs » dont personne n’a jamais entendu parler et qui te suggèrent d’acheter quelques milliers de fans facebook au Pakistan, ni vu ni connu vite fait que je t’embrouille, pour espérer chopper des jobs de booth babe sur les salons. Tout cela me laisse perplexe.
Dans la vraie vie, pour travailler comme hôtesse sur des salons, pas besoin d’avoir des fans sur facebook, il y a des agences spécialisées qui placent les filles et les garçons. Je ne porterai pas de jugement sur le fait d’acheter des fans, je sais que beaucoup de marques le font quand elle créent une page car sur internet « le like appelle le like » comme on dit. En gros pour espérer séduire de nouveaux fans il est plus attractif d’en avoir déjà un bon paquet.

Une alternative efficace est la création de publicités qui vont s’afficher de façon bien visible dans le fil d’actu de vos amis et fans avec la mention « sponsorisé » et qui ont l’avantage de toucher plus de gens. Ensuite libre à eux de « liker » ou pas votre page/photo/lien.

cosplayeuse professionnelle
La plus famous des famous, Nigri et ses délires Pikachu.

2. De gros nénés tu auras.

La guilde des internautes fâchés contre les gros nénés du cosplay n’en fini pas de rager et de colporter des idées débiles. Grâce à eux sur internet il est communément admis que pour être cosplayeur pro ou famous cosplayeur si tu as pas minimum un bonnet E, tu as raté ta vie. Attends attends, ne t’emballe pas, sèche-moi ces grosses larmes et mouche-toi un grand coup parce que même si tu fais en bonnet A tu passeras aussi très bien à la caméra. Il y a des filles et des garçons de tous âges, tailles et morphologies qui font de chouettes costumes et qui ont, sur internet et lors de conventions, toute la reconnaissance qu’ils méritent. On l’a vu à plusieurs reprises sur ce blog, la « beauté » n’est pas une obligation dans le cosplay. Si tu souhaites devenir un ou une famous cosplayeur oublie-moi vite fait cette histoire de physique et concentre-toi plutôt sur le troisième point :

3. De longues heures tu crafteras.

Je ne suis pas certaine que ce bon vieux Larousse accepte mon nouveau mot mais soyons un peu créatifs. Du coup « crafteras » qui vient du verbe « crafter » (qui n’existe pas non plus) et qui vient du mot « craft » en anglais :

An activity involving skill in making things by hand.
Une activité impliquant des compétences à créer des choses à la main.

Faire du cosplay au niveau « pro » c’est avant tout du boulot ! Peinture, couture, bricolage, il faut passer des heures dans son atelier avant de pouvoir présenter des costumes de niveau professionnel. Jessica Nigri et son padawan Lindsay Elise en font l’apologie dans cette interview et elles ne sont pas les seules famous à avoir choisi « la voie du craft ». Il suffit de suivre les comptes instagram ou facebook d’artistes-cosplayers pour s’en rendre compte :  une grosse partie des « famous cosplayers » américains passe facilement 15 heures par jour à thermo-former du worbla ou à broder du cuir. Tout de suite, ça calme.

Popette n'a pas fait ses cornes, elle les a acheté sur facebook... Sa famoussitude risque d'en prendre un coup :/
Popette n’a pas fait ses cornes, elle les a acheté sur facebook… Sa famoussitude risque d’en prendre un coup :/

4. Des heures sur internet tu passeras.

Le cosplay c’est aussi pas mal d’heures passées sur internet, et pas seulement pour poster des photos de vos bouilles sur facebook : les cosplayeuses pro sont de vrais femmes d’affaires avec un business plan, des frais, de la paperasse et une entreprise à faire tourner ! Surfer sur internet n’est donc plus une façon de se détendre mais une obligation professionnelle. A vous les tableurs excel et les recherche sur les statuts professionnels alternatifs…

5. Les Trolls tu éviteras.

Le cosplayeur professionnel est prêt à être adulé par la moitié d’internet… et à se faire détester, conspuer, voir insulter par l’autre moitié. Les stalkers et les haters sont le pain quotidien de celles et ceux qui ont fait du cosplay leur métier… Où qui ont simplement souhaité mettre leur travail en avant. Je ne sais pas si une formation de médiateur Pôle Emploi est suffisante pour gérer les situations de crise sur votre page officielle facebook. Néanmoins je conseille vivement à tout aspirant cosplayeur pro de faire quelques séances de Yoga, ça aide à ignorer les trolls et autres agressions d’internet tout en construisant un équilibre indispensable à sa paix intérieure.
Mise en situation : le concours est dans deux petites heures et vous commencez juste à peindre vos épaulettes, assises par terre au milieu des kikoos en plein Japan Expo. Inspirez, expirez. Inspirez, expirez. Inspirez, expirez. Voiiilàà. ;p

6. La France tu quitteras (?).
La France et plus généralement l’Europe sont-ils prêt pour le cosplay professionnel ? Ici les posters ne se vendent pas et les fans ne font pas la queue de longues heures pour se faire dédicacer une carte postale ou une photo par une cosplayeuse. C’est l’une des différences fondamentales entre la pop culture américaine et française : en France on a pas l’habitude de payer pour un autographe. Moins nombreux que les americains, les français sont moins sensibles à cette culture de l’entertainment et encore très réac’ face à l’idée de faire des sous avec un hobby… franchement c’est chaud !

7. Des contrats de booth babe sous-payée tu accepteras.

En France les cosplayeuses ne sont pas des starlettes comme aux states. La-bas, certaines signent des contrats avec des marques jeux vidéo, de figurines à collectionner ou des box mensuelles à la thématique très geek. Les plus appréciées d’entre elles sont payées pour faire et porter des costumes officiels pour diverses sociétés. En France quelques marques essayent de trouver des cosplayeuses sexy qui accepteraient de poser toute la journée en bikini sur leurs stands en échange d’une baguette jambon-gruyère (sans beurre ni cornichon) à midi. Je le répète, ne travaillez pas gratuitement !

8. America’s Next Top Model tu gagneras et une vigilante tu deviendras.

C’est le cas d’Adrianne Curry qui, après avoir gagné une compétition de modeling télévisée, est devenue une véritable superhéroïne. Rien de bien compliqué :

  1. Sculptes tes tablettes de chocolat.
  2. Gagnes America’s Next Top Model.
  3. Apprends à parler anglais.
  4. Apprends à manier le fouet.
  5. Couds une tenue de Catwoman.
  6. Rends toi en convention avec une amis cosplayeuse court-vêtue.
  7. Si un connard vient l’embêter, refait lui le portait à coups de fouet.
  8. Sur des talons de 12 centimètres !

Logistiquement parlant c’est pas évident mais faisable, Adrianne l’a fait !

Adrianne, le retours ! " Je lui ai mis la misère a
Adrianne, contre-attaque ! « Je lui ai refait le portrait avec le bout de mon fouet… qui était un vrai fouet ! »

Et voilà ! Vous êtes maintenant prêts à conquérir internet ! Merci qui ? Merci Popette !